Mon premier tatouage

Cela fait 21 ans que je veux un tatouage mais dans une famille anti-tatouages et anti-piercing, ce n’est pas chose facile d’en parler : les tatouages, c’est pour les délinquants, les ex-tolards et les marginaux.

J’avais à peine 14 ans à l’époque mais l’envie était très présente. J’avais envie de ressembler à Seth Gecko, car c’était à cause de lui et du film « une nuit en enfer » que cette idée c’était enracinée.

La culture des années 90-2000 qui te souffle une envie de tatouage

Alors, les années ont passé mais cette envie de tatouage ne m’a jamais quitté. Il faut dire qu’avec le temps, les films et tout ce que l’on a pu voir à la TV ou ailleurs ne m’a pas aidé à me défaire de cette envie qui revenait plus fortement, s’en allait sans jamais réellement disparaitre de ma tête. Les affiches comme « xXx » avec Vin Diesel (oui bon, le dimanche soir parfois on pose le cerveau et on regarde un bon blogBuster sans se poser de question) ou par la suite le film Constantine (avec Keanu Reeves) font toujours un clin d’oeil aux tatouages. Ne parlons même pas de la culture nippone avec les mangas (pour n’en citer qu’un : Full Metal Alchemist avec Scar) qui amènent à une symbolique du tatouage qui devient omni-présente.

Les amis qui succombent au tatouage

L’autre penchant, c’est les amis, car comme toi, ils ont vu et été exposés aux mêmes images, aux mêmes films et à la même culture. Et de ce fait, j’en ai accompagné pendant des années pour leur premier passage sous le dermographe. Je leur ai demandé à tous ce qui les motivaient, pourquoi tel ou tel dessin, quelle en était la signification.

Ceux qui m’ont découragé

Alors, il y a eu d’abord ceux qui se faisaient tatouer parce que c’était cool, parce ue le dessin les faisaient marrer. Ce sont ceux là qui m’ont le plus démotivé dans ma quête du tatouage car pour moi cela n’avait aucun sens. C’était un peu comme porter un T-Shirt où la marque du T-shirt est tellement apparente que l’on en devient un homme sandwich et cela me paraissait inconcevable.

Ceux qui m’ont encouragé

Et puis dans mon cercle, il y avait ceux qui, à travers un tatouage simple en apparence, véhiculaient un témoignage ou une marque de leur histoire, afin de graver en eux et sur eux une partie de leur passé qu’ils ne veulent pas oublier, comme un avertissement mais aussi une commémoration. Ce fut le cas de 2 amies.

L’une d’entre elles avait un tatouage représentant une sorte de fée avec des ailes d’insecte mais avec un relief d’ailes d’anges en superposition. Ces ailes qui se transformaient étaient le coeur du message : il s’agissait de sa petite soeur qui avait quitté ce monde bien trop tôt, sa petite fée comme elle l’appelait avec un amour non dissimulé dans sa voix. Sa petite soeur continuait à vivre à travers ce tatouage plein de mélancholie mais aussi d’espoir (Regarde d’en haut, je continue de vivre mais tu resteras toujours prèt de mon coeur).

Et 21 ans ont passé jusqu’à ce que je franchisse le cap

L’envie de tatouage refaisait surface petit à petit, et c’est ma femme qui m’a fait franchir le pas. Bien qu’elle vienne d’une famille semblable à la mienne, elle aussi imaginait très bien un tatouage sur moi. Du coup, elle a pris rendez-vous chez un tatoueur sans m’avertir. La rencontre avec ce tatoueur fut pour le moins très mouvementée au début car ce dernier refusait de prendre rendez-vous car je n’étais pas au courant, il voulait apprendre à me connaitre un minimum. Il faut savoir que ce tatoueur est spécialisé dans le tatouage indonésien (maori) et que le tatouage maori est porteur de signification et d’histoire, et cela il y est très attaché. Il lui a dit, pas la peine de revenir, encore moins avec un dessin, ici c’est moi qui dessine en fonction de l’histoire que l’on me raconte, de la vie du porteur du tatouage, de sa motivation et du message qu’il veut véhiculer…. et ma femme a dit : banco, c’est vous qui tatouerez mon mari, c’est bien vous qu’il lui faut.

Et effectivement, suite à un premier rendez-vous où nous avons discuté, nous avons pu échanger et voir que nous avions la même vision du tatouage et ça l’a fait 🙂

Le tatouage dans tout ça

Il est sur le haut du bras, l’épaule et la moitié du pectoral. Il représente exactement mon histoire (enfin, pas tout, seulement la partie que je lui ai raconté). En même temps, il refusait d’aller plus loin car c’était mon tout premier tatouage, qu’il allait en avoir pour 4h facile à tatouer et qu’au delà, je risquais de déguster.

Nous avons passé 20 minutes à discuter, pendant lesquelles il dessinait à main levée pour traduire cela en tatouage et en suivant il m’a installé sur la table de massage pour que je soit plus à l’aise avec ma découverte du dermographe.

Dessin esquisse du futur tatouage
premiers contours au dermographe

La douleur du tatouage

Alors, il faut savoir que les aiguilles ne font que gratter et éfleurant de manière peu profonde la peau, mais selon les endroits cela peu douiller. il y a un truc bien avec le corps humain, c’est l’endorphine. En effet, quand le cerveau perçoit une douleur physique qui dure, il va émettre de l’endorphine qui va plus ou moins anestésier la partie du corps agressée. Mais ce n’est pas pour autant que l’on ne sent plus rien, loin de là, mais celà fait que cette douleur continue reste supportable. Et puis il y a des endroits plus sensible que d’autres.

J’avais peur de morfler sur la clavicule et les os de l’épaule, mais au final c’est le remplissage sur le bicep et le pectoral que j’ai un peu chargé…. mais pas de manière uniforme. 5 mm plus loin je ne sentais quasiment rien, et certains endroits je douillais comme c’est pas permis.

L’autre avantage qui m’a fait supporter la douleur, c’est l’autohypnose (car oui je pratique l’auto-hypnose depuis plus de 5ans) mais pour ceux qui n’en ont jamais fait, le but du jeu est de saturer son cerveau avec d’autres pensées. Le cerveau continuera de percevoir la douleur, mais en lui envoyant d’autres informations, il ne se focalisera plus sur cette douleur. Donc n’hésitez pas à vous évader dans vos pensées, combien il y a de lumières dans la pièce, quelle est cette texture de papier peint et autres, et ça tout au long du tatouage.

Pour ma part, on y est resté 4h30 (en plus des 20 minutes de discussion)…et je vous confirme, le cerveau ne délivre de l’endorphine qu’environs 4h, et quand il n’en délivre plus….. ben vous allez douiller.

La comparaison de douleur :

Selon les endroits, il n’y a rien d’homogène dans la douleur que l’on peut ressentir.

Pour le minima, c’est comme si quelqu’un vous grattait avec son ongle avec insistance et de manière appuyée.

Pour le maxima, imaginez, vous vous êtes mal coupé un ongle et ça vous gratte sur une zone de votre corps encore humide, là où la chair est plus « tendre », ou encore la douleur quand vous vous arrachez un poil du nez ou des sourcils, c’est ça, vous avez à peu pret le niveau.

Après, il ne reste qu’à gérer le fait que cette douleur reste en continu mais je vous assure, moi qui suis douillé, ça reste très gérable, ayez confiance en votre mental et votre cerveau, il vous feront tenir.

L’aspect sanitaire du salon de tatouage

Cela fut le dernier élément qui m’a mis en confiance dès la première fois. C’était ultra propre. Car oui, un tatouage, c’est avant tout une plaie que l’on inflige à son corps, une belle plaie ouverte dans laquelle on met de l’encre, donc il y a intérêt à ce que cela soit nickel. Je me souvient de la première fois que j’ai amené quelqu’un se faire tatouer, c’était mon cousin. Et comment dire, autant lui que moi n’étions pas du tout mais du tout en confiance. Dessin décalqué au dessus de la baignoire (le tatoueur exerçait chez lui), l’appart était un bordel sans nom, et on était jeune, l’aspect hygiène ne nous avait pas éfleuré l’esprit, on avait 16 ans à l’époque).

Ici, que nenni, tout est propre, surface lisses, tout est conditionné dans des boites plastiques médicales. Au moment de passer sous le dermographe, le tatoueur a fait tomber un de ses gants qu’il enfilait par terre, mais avec un réflexe extraordinaire, il l’a rattrappé avant qu’il ne touche le sol (mais c’était super proche, à 2cm pret ça touchait le sol). Il l’a direct jetté dans le bac prévu pour ça. Idem au moment de passer au remplissage, il avait l’air de douter de son aiguille (on venait de se faire une mini pause), il a jetté l’aiguille et en a sorti une neuve d’un sachet hermétique individuel.

Ne faites surtout pas l’impasse sur la propreté, car les saletés, elles finiront sous votre peau, dans la plaie, donc ne plaisantez pas, le risque est trop grand, si vous n’avez pas confiance dans le salon de tatouage, passez votre chemin. Bien entendu, avec toutes les nouvelles normes d’hygiène en cours, tout tatoueur digne de ce nom les respecte à la règle. Lui c’est son business qu’il joue à chaque tatouage donc bon 🙂

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